L’ÉPROUVANT RETOUR EN VALAIS

L’ÉPROUVANT RETOUR EN VALAIS

Février 2000. Je débutai dans mon nouvel emploi à Sion. Le changement fut radical. A cinquante-deux ans, je passai d’un service public bien structuré dans lequel j’avais œuvré vingt-quatre années, à une entreprise privée dont les méthodes de travail m’étaient étrangères et où je me sentis immédiatement larguée. Je perdais les avantages financiers d’un bon salaire d’Etat et tout mon acquis de savoir-faire. J’arrivai dans mon nouveau poste, avec un sévère handicap du français écrit. Capacité que je n’avais pas développée dans mon précédent emploi. Et voilà qu’il m’était demandé de rédiger des courriers commerciaux dans cette langue… De nature perfectionniste, j’étais anéantie par le manque de qualité de mon travail. Je perdis rapidement confiance en moi. Pour rattraper mon retard, je rentrais souvent tard le soir. Epuisée, j’arrivais à la maison en pleurs.

La précarité de mon équilibre psychique s’aggravait. J’envisageais de plus en plus sérieusement de mettre un terme définitif à ces tourments.
Je trouvai le courage de demander un entretien avec mon chef de service. Je lui confiai mes difficultés. Très compréhensif, il affirma que je lui donnais entière satisfaction.
Pourtant, mes envies de suicide ne me lâchèrent plus.

Ma belle-mère nous quitta au mois de juin à l’âge de nonante-trois ans. La veille de sa mort, mon mari et moi, nous nous tenions à son chevet. Elle me regarda intensément, ses yeux noyés de larmes. Sa main semblait chercher la mienne. Son regard habité d’une grande tristesse paraissait vouloir me dire quelque chose. Je ne connaîtrai jamais le message qu’elle cherchait à me transmettre.
Jamais nous ne pûmes dialoguer ni parvenir à nous comprendre. Seule une porte séparait nos logements. J’entendais les bruits, ses longs monologues. Et je me percevais constamment épiée. Comme lorsque j’allais sur le balcon pour prendre un bain de soleil, et que j’avais l’impression qu’elle me désapprouvait.
Pendant dix-neuf ans, je ne me sentis jamais vraiment chez moi. Après son décès qui m’a beaucoup affectée, j’étais enfin libre, enfin chez moi. Hélas, je ne savais pas encore que cela ne serait que de courte durée.
En 2001, mon mari décida, malgré ma forte opposition, de rénover cet appartement et de le louer. Une fois encore, je le suppliai d’abandonner son projet, de me laisser un peu de temps. Il ne tint pas compte de ma prière. L’apport financier pesait davantage dans la balance que mes désirs et mes besoins personnels. Je ne comprenais pas son attitude et ne dis plus rien. Il loua l’appartement à l’ami d’une de ses sœurs. Cet ami l’aida beaucoup dans les travaux de rénovation.

Il n’avait pas tenu compte de mes besoins. Il avait pris sa décision sans moi, son épouse depuis si longtemps. Qu’étais-je finalement pour lui ? Simplement sa femme de ménage ? Une source de revenu ? Il s’était comporté comme un abuseur. L’insupportable eut raison de moi.

Brigitha

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