IMPITOYABLES SOUFFRANCES

IMPITOYABLES SOUFFRANCES

Et puis ce fut la chute. Le premier mai 2005, je me trouvais hospitalisée pour une nouvelle tentative de suicide. Mon mari et ma fille aînée m’y conduisirent. La doctoresse qui m’ausculta jugea que ma place était en psychiatrie.

Les membres de ma famille me firent savoir qu’ils n’en pouvaient plus. Rester en vie signifiait, pour moi, souffrir encore et toujours. Or je n’avais plus la force de me battre dans ce combat inégal contre ce mal sournois qui me rongeait. Inexorablement.

Mais je refusais avec véhémence un nouvel internement. L’épreuve était au-dessus de mes forces. J’avais en mémoire les sept semaines de mon séjour de 2002. Je désirais une aide concrète.
Une véritable thérapie. Ce que j’expliquais au médecin. Je cherchais à le convaincre que j’étais bien une femme de cinquante-sept ans, responsable.
Non plus une adolescente écervelée.
C’est pourquoi je ne referai pas une nouvelle tentative de suicide, lui assurai-je.

Le lendemain, un psychiatre voulut me persuader de demander l’internement. Je refusai encore avec la dernière énergie. Je répétais que j’avais juste besoin d’un suivi spécialisé soutenu.

On m’emmena dans un autre hôpital où j’eus le sentiment qu’un psychiatre me prenait enfin au sérieux et désirait s’occuper de moi.

Heureuse et soulagée, je quittai les lieux, deux jours plus tard. Après trois consultations, celui-ci me demanda de m’adresser au centre médico-social de Sion pour trouver un autre spécialiste. Dans ce centre, ils me firent savoir combien il était difficile de trouver un professionnel pour un long suivi.

J’étais révoltée ! Tout était à recommencer.
Et j’allais si mal. J’avais pris conscience avec frayeur, que j’étais devenue une sorte de bombe à retardement. Un simple mot, un incident anodin pouvaient déclencher en moi un cataclysme et tourner au drame. Je me sentais en constante insécurité face à tout.

Vivre avec moi était presque un sacerdoce.
J’en enfin pu aller chez un autre qui ne pouvait me recevoir qu’occasionnellement. Il manquait de compétence pour traiter le fond de mon problème, selon lui ! Cela ne résolvait que très partiellement mes tourments…

Je pris différents contacts avec la LAVI « Loi fédérale sur l’Aide aux Victimes d’Infractions ».

Plusieurs entretiens, de nombreux appels téléphoniques, mais rien de concret.

J’avais toujours le sentiment d’ennuyer ces personnes. Avoir cinquante-sept ans et de telles souffrances est insoutenable. Aucun des services sociaux concernés ne firent quelque chose de tangible. Ni hier, temps de mon enfance et de mon adolescence, ni aujourd’hui.

On m’a volé mon enfance. On m’a volé mon adolescence. Quelqu’un, accepterait-il enfin de m’aider?

J’ai compris récemment que je suis seule à pouvoir m’en sortir et j’essaie de comprendre les causes de ma culpabilité.

Brigitha Balet

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