ETRANGES AGISSEMENTS

ETRANGES AGISSEMENTS

L’invraisemblable mystère de cette affaire me rendit très soupçonneuse. Un avocat, ami de ma fille, m’apprit que les archives d’un jugement devaient être conservées cent ans. Et surtout que la victime était en droit absolu de les consulter à tout instant.

Consterné par l’étrangeté de cette histoire, cet homme me proposa son aide à titre bénévole, par courrier daté du 22 mai 2006. Début juin, il reçut ma visite et ma procuration pour diligenter la recherche.

Dès juillet 2006, il entreprit les démarches nécessaires pour que je puisse enfin accéder à la totalité de mon dossier. Dossier qui devait être dûment archivé…
Il me transmit, en date du 23 août, la réponse d’un élu au Conseil d’Etat : « Nous comprenons les motivations de votre cliente. En effet, les personnes ayant été victimes dans leur jeune âge de délits doivent pouvoir disposer des informations leur permettant de surmonter ces épreuves pénibles,
afin de faire le deuil ».

J’appelai sans tarder le tribunal. Je voulais parler au responsable. Une employée insista pour connaître le motif de mon appel. Je dus le lui expliquer.

Le responsable, selon elle, ignorait ce dossier.
Enfin, elle me mit en contact avec la personne qui était censée être la plus à même de me renseigner. Avec stupéfaction, je reconnus la femme qui m’avait donné le dossier épuré lors de ma deuxième consultation.

C’est avec sécheresse qu’elle me fit remarquer qu’à deux reprises déjà j’avais consulté les documents.
Je lui fis part de mes observations. Celles d’avoir eu en main un dossier allégé, qui ne contenait pas, à l’évidence, tous les documents qui s’y trouvaient lors de ma première visite. Elle riposta : « Madame, vous nous accusez d’avoir fait disparaître des pièces de votre dossier, quel serait notre intérêt » ? Je lui dis que c’était un simple constat sans accusation. Où aurait été mon intérêt de mentir ?

Cette dame qui ne connaissait rien de mes tourments, comment pouvait-elle me parler si durement ?

Elle s’étonna que je ne lui eusse pas signalé plus tôt les pièces manquantes. Et me reprocha d’avoir laissé couler trop de temps avant de réagir.

Elle finit par ajouter qu’elle était trop occupée pour partir à la recherche de ces dossiers.
J’insistai, en lui proposant de la payer pour ses services. Elle réagit très mal. A ce qu’elle affirma, son travail consistait à être au service du citoyen. Je ne pus m’adresser au responsable du tribunal.
Cet entretien téléphonique m’affecta plus que je ne saurais le dire.

C’est une amie qui, quelques jours plus tard, parvint à joindre directement le responsable du tribunal.
Il se montra compatissant et très coopératif.
Il accepta de me recevoir pour un entretien informel, en présence de son employée, en sepempre.
J’appelai également le service cantonal de la jeunesse. Je possédais un document émanant de la responsable du service social des PTT du 6 janvier 1966, adressé au département de l’intérieur, service de la chambre pupillaire. Je lui exprimai mon vif étonnement quant à l’absence de tout dossier me concernant. Il me répondit qu’il se trouvait sans doute dans un autre bureau…

Le jour arriva où je rencontrai enfin le responsable du tribunal. Je m’y rendis escortée par mon mari et ma fidèle amie. Je lui fis entendre qu’il était vital pour ma santé mentale et afin de retrouver ma sérénité, que je puisse enfin trouver les réponses que je cherchais. Selon lui toutes les pièces existantes se trouvaient dans le présent dossier. Ajoutant que quelques rares dossiers pouvaient être allégés pour préserver les victimes, mais pas dans mon cas.

Quelle étrange façon d’agir, alors que les victimes qui font ces démarches ont justement besoin de connaître toute la vérité !

Je persistai dans ma déclaration. Persuadée que le dossier était incomplet.
Il mit ensuite en doute l’objectivité de mes croyances. A l’évidence de profondes perturbations psychologiques auraient pu altérer mon sens de la réalité, ce fameux jour de visite. Et me faire imaginer un dossier plus imposant qu’il ne l’était.

Il refusa d’entendre mon amie, témoin des événements. Elle qui se trouvait pourtant dans la salle d’attente avec mon mari. A la fin de l’entretien, il demanda même la permission de prendre contact avec mon psychiatre, ce que j’acceptai sans condition.

Je me posai enfin quelques questions :
 Est-ce qu’un « employé responsable » du Tribunal est autorisé à me faire une allusion sur mon état de santé (mentale ou autre) ?
 Peut-il à la fois fonctionner en tant que psychiatre et employé responsable ?

Durant mon parcours professionnel de trente années, je peux affirmer avoir consulté nombre de dossiers. J’avais l’habitude de numéroter de la même façon toutes les pièces comptables. Et me tromper à ce point me paraissait inconcevable.

Depuis cette funeste journée au Tribunal, je compris que j’étais vraiment atteinte mentalement et que ma rente d’invalide était justifiée ! Je devins incapable de déceler le vrai du faux.

Jusqu’où ma folie m’enfoncerait-elle ?

Qui pourrait encore me faire confiance sur le plan professionnel ? Il me fallait bien admettre, faute de preuves, qu’ils avaient raison. Un haut responsable dit toujours la vérité. Et moi, pauvre malade, une fabulatrice et sans doute pire encore !

J’espère ardemment qu’un jour je puisse, malgré mes égarements, retrouver une juste appréhension des réalités. Peut-être amener la preuve de la partialité de la justice et de l’incommensurable incompétence de certaines autorités. Pour ma paix ainsi que celle de toutes les autres victimes.

Brigitha Balet

La justice, droit fondamental pour tous, ainsi que la liberté, sont les deux joyaux sans lesquels il n’y a pas de vie digne possible dans ce bas monde. On ne peut le savoir que lorsque l’on a soi-même subi l’injustice.

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