LA PLUS TRISTE ANNÉE DE MA VIE

LA PLUS TRISTE ANNÉE DE MA VIE

Commença la pire année de ma vie. Ma mère se déchaîna contre moi et se mit à me maltraiter constamment. Un jour de colère, elle me battit si fort avec un tabouret qu’il se cassa. Je me réfugiai sous la table, en la suppliant de cesser. Je voyais dans ses yeux une furie démente. Elle avait totalement perdu le contrôle d’elle-même. Elle aurait souhaité que je disparaisse à jamais. Déjà lors de mon premier viol, j’avais regretté d’être restée en vie. Je m’étais faite la réflexion : « on achève bien les chevaux »…

Pourquoi encore cette brutalité et ces souffrances ?

«Tu es sans doute une sorcière possédée par le mal » c’est ce que ma mère me répétait assez souvent et elle ajoutait : « Tu es l’unique responsable du malheur qui frappe notre famille ». Elle me fit bien comprendre qu’elle ferait de moi exactement ce qu’elle voudrait, l’autorité parentale ne lui ayant pas été retirée.
Plusieurs fois, lorsqu’elle allait rendre visite à mon père en prison, elle insistait pour que je l’accompagne. Elle me rappelait chaque fois qu’un jour il me tuerait.

Et puis, comme par miracle, je n’eus plus peur. A force de me répéter que la mort me sauverait de toutes ces souffrances, je finis par ne plus craindre de mourir, ni d’affronter les personnes qui me voulaient du mal. Ce jour-là, j’allai voir mon père en prison. Il prétendit regretter son geste, tout en précisant qu’il n’était pas seul responsable. Il faisait allusion à ma mère.

Cette même année, ma mère disparut une journée entière. Seule avec mes frères et sœurs, je la cherchai partout, en suppliant la Vierge Marie, ma protectrice, qu’il ne lui fût rien arrivé. De retour à la maison, je la trouvai dans sa chambre avec notre médecin de famille. Elle pointa son index sur moi, et vociféra : « Voilà ma meurtrière ! ». Le médecin me prit par la main et m’emmena hors de la pièce. Il m’affirma que je n’étais coupable de rien. Ma mère était malade et avait absorbé une grande quantité de médicaments.

Au mois d’août, à la demande du Tribunal, ma mère et moi eûmes un entretien avec une personne du service médico-pédagogique valaisan. Le dialogue fut laborieux. Ma mère prétendit ne parler ni le français, ni le bon allemand. Quant à moi, je n’osais m’exprimer en sa présence. L’employé responsable lui proposa de me placer dans une famille, mais elle s’y opposa. Elle craignait sans doute que je ne révèle la vérité. Elle affirma que j’étais une enfant mentalement dépravée qui racontait des horreurs. Nous étions une famille nombreuse et, suite aux insanités proférées par ma mère à mon encontre, l’employé responsable du tribunal craignit que je ne contamine le reste de la famille. Il fallait que je sois placée le plus rapidement possible. Le plus difficile pour moi fut de constater que l’on ne m’avait pas crue. Pourquoi ne m’avait-on pas interrogée seule ? Ce fut à ma mère, remplie de haine et de rancœur à mon égard, que l’on accorda crédit.

Cette fois encore, le brave médecin de famille me sauva de l’enfer. Il entreprit des démarches pour que je quitte au plus vite la maison.

Brigitha

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